Le nom précède la pierre
Une famille d'Eporve apparaît avec Ugo d'Eporve, associé dans la documentation à la forme latine Sperviaco. Les graphies varieront ensuite : Esporva, Escerva, Eporve, Esporves.

Chamesson · Côte-d'Or · Bourgogne
Mille ans d'eau, de fer et de mémoire. Un lieu façonné par la Seine, réinventé par les siècles.
Entrer dans l'histoire ↓Prise de vue aérienne · 2026
À l'écart de Chamesson, un bras de la Seine enlace une longue bâtisse coiffée de tuiles. Ici, l'eau n'est pas un décor : elle a donné sa force au moulin, aux soufflets, aux marteaux, puis aux machines de la tréfilerie.
Les archives font apparaître le lieu sous de nombreux noms — Sperviaco, Esporva, Eporve, des Porves, Forge du Haut, La Tréfilerie. Ces graphies successives racontent un même site, passé du fief médiéval à l'aventure industrielle, sans jamais rompre son lien avec la rivière.
Chronologie documentée
Chaque date est tirée du fonds historique du Moulin d'Esporves et de publications consacrées à la sidérurgie du Châtillonnais.
Une famille d'Eporve apparaît avec Ugo d'Eporve, associé dans la documentation à la forme latine Sperviaco. Les graphies varieront ensuite : Esporva, Escerva, Eporve, Esporves.
Un acte évoque « cinq parts du moulin que l'on appelle le moulin de la place », assis au finage de Chamesson entre Eporve et Chamesson. L'énergie de l'eau est déjà au cœur du territoire.
Une forge est signalée à Eporve. La même année, un différend oppose Jean de Nesle à Isabelle et Reinette d'Esporve autour d'une écluse ayant inondé des prés : un rare témoignage de la maîtrise ancienne de la rivière.
Une nouvelle forge et un fourneau sont construits à Chamesson. Dans la vallée, les installations hydrauliques alimentent désormais une activité métallurgique structurée.
Un lavis sur parchemin représente la « forge d'Esporves », ses bâtiments, ses jardins, ses deux ponts et les bras d'eau qui les traversent. Il est présenté comme la plus ancienne représentation connue d'une usine de fer du Châtillonnais.
Anne de Foissy, dame de Chamesson et d'Esporve, cède ses terres. L'acte mentionne la forge, la fenderie et la forêt d'Esporve — 1 400 arpents en une seule pièce.
Les sources distinguent la Forge du Haut — Esporves ou Les Porves — et la Forge du Bas de Chamesson. L'établissement d'Esporves comprend alors un feu de forge mû par l'eau.
Des plans détaillés documentent la Forge du Haut, ses bâtiments, roues et dérivations. Ils révèlent un paysage entièrement composé pour transformer la force de l'eau en travail.
L'ancienne forge est reconvertie pour étirer le métal en fil. En 1845, les sources la désignent comme tréfilerie ; le nom s'ancre si profondément qu'il survit encore dans la mémoire locale.
L'usine des Porves devient tréfilerie-pointerie. Du fer brut au fil, puis à la pointe : le site accompagne la première industrialisation du Châtillonnais.
La grande toiture, les ponts, le bief et les vannes continuent de rendre lisible cette histoire. Le Moulin d'Esporves est devenu un lieu de mémoire vivant, posé entre eau et forêt.

La Seine comme moteur
Un canal, des vannes, des roues. Pendant des siècles, la même énergie a fait tourner des mécanismes différents. Le geste industriel a changé ; la rivière, elle, dessine toujours le lieu.

Parchemin · 1620
« C'est la forge d'Esporves, avec tous les bâtiments et jardins d'icelle, entre lesquels sont les deux ponts sous lesquels passe la rivière. »
Transcription conservée dans le fonds historique local. Le document accompagne un procès entre le duc de Montmorency et la dame de Chamesson.

Plan d'ingénieur · 1836
Le plan complet de la Forge du Haut montre l'implantation des bâtiments, les roues, les vannages et le réseau de dérivations. Un document aussi précis qu'émouvant : la rivière y devient architecture.
Archives industrielles du XIXe siècle, dossier consacré aux usines de Chamesson.

Annales des Mines · 26 décembre 1836
L'ordonnance décrit l'autre grand établissement de Chamesson, la Forge d'En-Bas : haut-fourneau, feux d'affinerie, fenderie et patouillet. Avec la Forge du Haut d'Esporves, elle formait un paysage industriel puissant, entièrement relié à la Seine.
Cette distinction entre Forge du Haut et Forge du Bas est essentielle pour lire correctement l'histoire des deux sites.
Prises de vue aériennes
La Seine, les arbres et la pierre composent un paysage où les traces du travail se fondent dans la nature.
Mémoire vérifiée
Cette page s'appuie sur un dépouillement du fonds historique du Moulin d'Esporves : actes, plans, publications scientifiques et archives industrielles.
Les graphies anciennes sont conservées lorsqu'elles éclairent l'évolution du nom. Les formulations prudentes signalent les points que les documents ne permettent pas encore de trancher définitivement.
Contribuer à la mémoire
L'histoire du Moulin d'Esporves continue de s'écrire. Toute information permettant d'enrichir ou de préciser ses archives est la bienvenue.
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